23/10/2019

La consultation citoyenne : entre confiance et défiance.

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La participation citoyenne est un sujet qui intéresse de plus en plus les collectivités.
Ces dernières s’interrogent sur les bonnes pratiques, pourquoi certaines démarches fonctionnent et d’autres échouent. Elles sont quelquefois démunies face à l’abondance des offres numériques.

En 2019, 200 collectivités se sont dotées d’outils de la Civitech et sont en majorité des villes. Il s’agit de nouveaux outils qu’elles doivent appréhender afin de proposer une démarche de consultation citoyenne réfléchie.
Pourquoi la met-on en place ? comment ? pour quels résultats ? Que fait-on de la parole des citoyens ? Pourquoi faire de la démocratie ? pourquoi on échoue ? Il faut parvenir à réinventer le modèle communal.

Ils existent des instances encadrées comme les conseils citoyens. Ils sont animés et gérés par les citoyens mais la présence des élus y est, dans certains cas, reprochée. Malheureusement, ces conseils servent souvent d’alibis pour régler les conflits entre élus et riverains. Ces instances sont malgré tout importantes. Les élus doivent accepter le jeu du désaccord, la contradiction par rapport au système en place. Il vaut mieux que les citoyens s’expriment dans des lieux dédiés à la participation citoyenne qu’ailleurs. Les citoyens sont les premiers porteurs de signaux faibles.
En tant qu’élus, il est bon de reconnaitre que l’on ne maitrise pas tous les sujets et se montrer à l’écoute des suggestions des citoyens, qui sont les véritables experts de leur territoire.

La participation citoyenne évolue car la société se transforme. Le rapport au travail, à la famille, au territoire n’est plus le même d’où un engouement pour les dispositifs de participation citoyenne même si les démarches ne sont pas généralisées sur le territoire.

Des initiatives sont mises en place comme par exemple la journée citoyenne « Une journée pour ma ville » mais ce n’est pas encore un événement suivi par beaucoup de mairies. Seulement 3 en Ile-de-France.

Les plateformes numériques renforcent l’engagement citoyen, la participation et la transparence mais elles ne remplacent pas le présentiel lors d’ateliers, de réunions publiques pour toucher un public plus large… L’apprentissage de la participation est progressif face à ces nouveaux outils. Les habitants doivent également les appréhender.
L’hybridation présentiel et numérique est nécessaire. C’est un gage de transparence, une progression dans les usages qui permet de multiplier les canaux de participation.

Par ailleurs, les élus constatent que dans certaines démarches mises en place comme les réunions publiques, ou ateliers… il s’agit souvent des mêmes citoyens qui participent… Beaucoup d’entre eux n’ont pas confiance dans leur maire et pense que les démarches participatives proposées ne servent que pour les réélections et n’ont pas de réel impact.

Même ceux qui se montrent volontaires pour s’impliquer ont quelquefois des difficultés à trouver leur place et leur utilité dans ces démarches. Peur de la technicité du sujet abordé, de servir d’alibi au projet, de travailler pour rien… ils se démobilisent.

Ce constat soulève des questions : Faut-il laisser les citoyens autonomes dans ces ateliers ? Faut-il trouver des locaux au personnel pour animer le débat, faut-il tirer les citoyens au sort à 50% pour les inciter à participer, leur laisser davantage de place dans le contrat de ville et la rénovation urbaine ?

L’important dans toutes démarche de consultation est que la collectivité se demande en amont ce qu’elle attend de sa démarche de participation citoyenne, qu’elle reconnaisse l’exercice de confiance qu’elle implique et enfin qu’elle s’engage en bout de consultation à une restitution honnête.

Afin de susciter un engagement volontaire des citoyens et en vue d’une démarche vertueuse, il parait essentiel d’expliciter le contexte de la consultation en expliquant ses valeurs et ses principes par la rédaction, par exemple, d’une charte de participation du public qui à l’avantage de lister les règles du jeu avant toute démarche de participation citoyenne. Cette transparence ainsi que la communication autour du futur projet sont gages d’efficacité et permettent une plus grande visibilité du dispositif pour aller notamment chercher la majorité silencieuse.
 

Pour créer une ville intelligente nous devons nous appuyer sur l’intelligence collective et replacer l’humain au cœur de l’urbain.

La démocratie de l’immédiateté dans laquelle nous évoluons nous amène à reconnaitre l’urgence d’une vision partagée, et à œuvrer pour passer de « vivre ensemble » au « faire ensemble ».


 
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RIGAUX Mélanie
Chargée de communication
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